{"id":256,"date":"2014-12-15T22:19:20","date_gmt":"2014-12-15T21:19:20","guid":{"rendered":"https:\/\/etival-ronchaux.fr\/?page_id=256"},"modified":"2015-02-19T22:56:55","modified_gmt":"2015-02-19T21:56:55","slug":"route-des-pelerins","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/etival-ronchaux.fr\/?page_id=256","title":{"rendered":"Route des p\u00e8lerins"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #ff0000;\">1913-04<\/span><\/p>\n<p>Nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque n\u00e9faste aux yeux de nos p\u00e8res, du trait\u00e9 de Nim\u00e8gue (17 septembre 1678), dont l&rsquo;article XII consacrait l&rsquo;annexion de la Franche-Comt\u00e9 \u00e0 la France. Avant de donner l&rsquo;historique des temps qui suivirent, que les amis lecteurs du bulletin, me permettent de parler de faits qui, tout le long du Moyen-\u00e2ge, ont donn\u00e9 une certaine importance, je dirai une certaine vie \u00e0 Etival : Je veux parler du grand nombre de voyageurs, ou mieux de p\u00e8lerins illustres qui ont travers\u00e9 son territoire pendant plus de dix si\u00e8cles.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai dit au commencement de cette notice, que le territoire de la paroisse d&rsquo;Etival, travers\u00e9 par le chemin de grande communication num\u00e9ro 118, de Clairvaux \u00e0 Saint-Claude (ancienne route D\u00e9partementale num\u00e9ro 18), l&rsquo;\u00e9tait depuis longtemps par une voie Gallo-Romaine, allant de L\u00e9do (Lons-le-Saunier), par Clairvaux \u00e0 la ville d&rsquo;Antre, Condat, Gen\u00e8ve.<br \/>\nSaint-Claude, n\u00e9 \u00e0 Salins, chanoine de Besan\u00e7on, puis Archev\u00eaque de cette ville, et enfin moine et abb\u00e9 du monast\u00e8re de Condat, qui apr\u00e8s sa mort, attirera cette multitude de p\u00e8lerins remplis de confiance en celui qu&rsquo;ils appellent \u00ab\u00a0le grand faiseur de miracles\u00a0\u00bb, avait d&rsquo;apr\u00e8s la tradition locale, suivi cette route pour se rendre de Besan\u00e7on au monast\u00e8re de Condat vers 636.<\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0 auparavant, en 543, un autre illustre et non moins saint voyageur, avait d\u00fb suivre cette m\u00eame route, pour se rendre en France. Ce voyageur \u00e9tait Saint Maur, moine du mont Cassin en Italie, que Saint Beno\u00eet, son sup\u00e9rieur, envoyait fonder un monast\u00e8re de son ordre, dans le dioc\u00e8se du Mans. Le voyage de Saint Maur est racont\u00e9 par un de ses compagnons de route, qui non seulement retrace l&rsquo;itin\u00e9raire, mais note plusieurs miracles accomplis par le Saint voyageur, entre autres, <em>\u00ab\u00a0La gu\u00e9rison du fils d&rsquo;une pauvre veuve habitant une maison proche d&rsquo;une chapelle d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la tr\u00e8s Sainte-Vierge\u00a0\u00bb<\/em> Or, d&rsquo;apr\u00e8s les chroniqueurs, ce lieu \u00e9tait Saint-Lupicin, qui seul \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque avait une chapelle ou \u00e9glise d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la tr\u00e8s Sainte-Vierge. De l\u00e0, Saint Maur continua le chemin qu&rsquo;il avait pris de Condat \u00e0 Saint Lupicin et qui passant par Etival, le conduisait en France.<\/p>\n<p>Plus tard, tout le long du moyen \u00e2ge, ce sont aussi de nombreux et illustres p\u00e8lerins qui se rendent aux tombeaux des Saints de Condat, et entre autres au tombeau de Saint Claude.<br \/>\nL&rsquo;histoire nous a conserv\u00e9 les noms de quelques uns des plus illustres.<\/p>\n<p>Ainsi Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, vient trois fois en p\u00e8lerinage \u00e0 Saint-Claude, une premi\u00e8re fois en 1369, une deuxi\u00e8me fois en 1376, une troisi\u00e8me en 1382, accompagn\u00e9 de 248 chevaliers.<\/p>\n<p>Philippe le Bon visite le tombeau du Saint, en 1422. Vingt ans apr\u00e8s, en 1442, il s&rsquo;y rend une deuxi\u00e8me fois, accompagn\u00e9 de la duchesse de Bourgogne et entour\u00e9 d&rsquo;un cort\u00e8ge magnifique.<\/p>\n<p>Le roi de France, Louis XI, y vint une premi\u00e8re fois, n&rsquo;\u00e9tant encore que le Dauphin. Devenu roi, il y vint de nouveau en p\u00e8lerinage, l&rsquo;ann\u00e9e 1482, puis une troisi\u00e8me fois l&rsquo;ann\u00e9e qui suivit la conqu\u00eate de la Franche-Comt\u00e9, par ses arm\u00e9es, sans doute pour obtenir le pardon des maux qu&rsquo;il avait r\u00e9pandus sur cette contr\u00e9e et en r\u00e9parer quelque peu les ruines.<\/p>\n<p>Puis en 1604, p\u00e8lerinage de Sainte Jeanne de Chantal, se rendant de Dijon, \u00e0 l&rsquo;appel de Saint Fran\u00e7ois de Sales, qui la mandait au tombeau de Saint Claude, suivant cette parole qui lui avait \u00e9t\u00e9 dite autrefois en un extase : <em>\u00a0\u00bb Tu n&rsquo;entreras au sacr\u00e9 repos des enfants de Dieu, que par la porte de Saint-Claude \u00ab\u00a0<\/em> Elle arriva \u00e0 Saint-Claude le 21 ao\u00fbt 1604, et le 28 ao\u00fbt \u00e9tait sur la route de Dijon. En 1626, elle y revint une seconde fois.<\/p>\n<p>Enfin d&rsquo;apr\u00e8s tous les chroniqueurs, les historiens, les traditions de la province, une multitude de p\u00e8lerins se rendaient de tous les points de la France, jusque de la Picardie au tombeau de Saint-Claude. Or, quelle route suivaient ces nombreux p\u00e8lerins? Les chroniqueurs ne nous tracent point leur itin\u00e9raire. Mais je ne crois pas qu&rsquo;il y ait t\u00e9m\u00e9rit\u00e9 de ma part, a faire passer ces pieuses caravanes, par Ch\u00e2tel de Joux et Etival. Je ne crois pas les raisons suivantes sans valeur, tout au contraire.<br \/>\n1\u00b0) Nous l&rsquo;avons vu d\u00e9j\u00e0, une voie Romaine passe sur le territoire de la paroisse, d\u00e8s le VI si\u00e8cle elle est marqu\u00e9e dans les archives de Condat. Une tradition locale y marque le passage de Saint-Claude, qui aurait pass\u00e9 une nuit \u00e0 Ch\u00e2tel de Joux, sur l&#8217;emplacement de la chapelle actuelle qui lui est d\u00e9di\u00e9e.<br \/>\n2\u00b0) En 1234, les sires de Cuisel, seigneurs de Clairvaux et de Ch\u00e2tel de Joux <em>\u00ab\u00a0s&rsquo;engagent \u00e0 prot\u00e9ger les voyageurs, les p\u00e8lerins, depuis le pont de Po\u00ebtte \u00e0 Ravilloles\u00a0\u00bb<\/em>.<br \/>\nC&rsquo;\u00e9tait donc le chemin suivi par les religieux, les colons, les p\u00e8lerins de la terre de Saint-Claude. D&rsquo;ailleurs au moyen \u00e2ge toutes les chroniques appellent ce chemin <strong>\u00ab\u00a0Le chemin des pelerins\u00a0\u00bb<\/strong>; d\u00e9nomination suffisamment significative je pense.<br \/>\n3\u00b0) Dom.Benoit parlant de la chapelle des Piards \u00ab\u00a0\u00e0 laquelle des indulgences furent attach\u00e9s, pour ceux qui la visiteraient \u00ab\u00a0, dit : \u00ab\u00a0comme elle \u00e9tait sur un des chemins des plus fr\u00e9quent\u00e9s par les p\u00e8lerins qui affluaient \u00e0 Saint-Claude, elle re\u00e7ut d&rsquo;innombrables visiteurs dans le cours des si\u00e8cles\u00a0\u00bb. Or voici comment la chapelle des Piards se trouvait sur le passage des p\u00e8lerins. Je cite encore D.Benoit en appuyant son r\u00e9cit de documents que j&rsquo;ai trouv\u00e9 moi-m\u00eame. \u00ab\u00a0Les p\u00e8lerins qui venaient \u00e0 Saint-Claude , par la route qui conduisait de la Combe-d&rsquo;Ain au Lac d&rsquo;Antre, montaient la Croch\u00e8re au-dessus d&rsquo;Etival et passait aupr\u00e8s des Piards, pour tomber par la Landoz, le Rivon et les Pr\u00e9s au village de Valfin et suivre le cours de la Bienne, jusqu&rsquo;\u00e0 la ville des Saints et des miracles.<\/p>\n<p>Un tron\u00e7on de ce chemin porte encore le mon de \u00ab\u00a0<strong>Sentier Des P\u00e8lerins<\/strong>\u00ab\u00a0, ce sentier que seuls pouvaient suivre les modestes pi\u00e9tons et non les riches caravanes, prenait entre Ch\u00e2tel-de-Joux et Etival au lieudit \u00ab\u00a0<strong>Au Saugier<\/strong>, <strong>Aux Saugevettes<\/strong>, &#8211;<strong>Les Saugives<\/strong> \u00ab\u00a0, et tirant en ligne directe \u00e0 la Croch\u00e8re, il montait la Chenalette. Mais si les pi\u00e9tons prenaient parfois le sentier des P\u00e8lerins, les p\u00e8lerins \u00e0 cheval ou en brillantes escortes, les riches caravanes continuaient de suivre le grand chemin lui aussi d\u00e9nomm\u00e9 \u00ab\u00a0le chemin des P\u00e8lerins\u00a0\u00bb. D&rsquo;ailleurs, il n&rsquo;y eut pas que la chapelle des Piards, fr\u00e9quent\u00e9e par les p\u00e8lerins, mais celle de Ch\u00e2tel de Joux et d&rsquo;Estival ne le furent pas moins.<\/p>\n<p>En effet, une fondation faite en d\u00e9cembre 1722, par Henry Mar\u00e9chal et Claudine Bareau, son \u00e9pouse, dud&rsquo;Estival, en faveur de la chapelle de N.D.d&rsquo;Estival, porte ces paroles significatives <em>\u00ab\u00a0et font lad&rsquo;fondation en consid\u00e9ration de la d\u00e9votion qu&rsquo;ils ont \u00e0 lad&rsquo;Eglise b\u00e9nitte &#8230;.connaissant la fluance du peuple y venir par d\u00e9votion de toute part de jour \u00e0 autres&#8230;\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em>D&rsquo;o\u00f9 cette affluence n&rsquo;\u00e9tait autre que celle des p\u00e8lerins suivant la grande route pour se rendre \u00e0 Saint-Claude.<br \/>\n4\u00b0) Sans vouloir aller contre la tradition moirantine, qui fait passer \u00e0 Moirans, Maisod, le Pont de la Pyle quelques-uns de ces illustres p\u00e8lerins, par exemple : Sainte-Jeanne de Chantale, accompagn\u00e9e jusqu&rsquo;au ch\u00e2teau de Maisod, par saint-Fran\u00e7ois de Sales, lors de son premier p\u00e8lerinage au tombeau de Saint-Claude, n\u00e9anmoins, je crois trouver encore une preuve de la pr\u00e9f\u00e9rence accord\u00e9e \u00e0 la route d&rsquo;Etival, d&rsquo;ailleurs la plus courte, dans ce fait que\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00bb en 1716, le pont de la Pyle \u00e9tait d\u00e9moli et n&rsquo;existait plus depuis de longues ann\u00e9es, disent les chroniques.\u00a0\u00bb<br \/>\nEn 1795, on requiert des ouvriers, ( un charpentier de Ch\u00e2tel-de-Joux, Jean-Claude Jeantet), pour r\u00e9parer et mettre en \u00e9tat le Pont de la Pyle, pour le transport des arm\u00e9es et subsistances \u00ab\u00a0. Si bien qu&rsquo;on peut dire que pendant un ou deux si\u00e8cles, ce pont et par le fait le chemin de Maisod furent impraticables. Tandis que celui d&rsquo;Etival le fut toujours, son \u00e9tat de conservation actuelle peut encore en t\u00e9moigner.<br \/>\nRetour \u00e0 la rubrique <a title=\"Avant 1678\" href=\"https:\/\/etival-ronchaux.fr\/?page_id=250\">\u00ab\u00a0la vie des villages avant 1678\u00a0\u00bb<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1913-04 Nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque n\u00e9faste aux yeux de nos p\u00e8res, du trait\u00e9 de Nim\u00e8gue (17 septembre 1678), dont l&rsquo;article XII consacrait l&rsquo;annexion de la Franche-Comt\u00e9 \u00e0 la France. 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